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Historique de la maladie de Parkinson

[ 0 ] 11 avril, 2011 |

Dans la littérature, plusieurs recherches ont été effectuées sur la maladie de Parkinson appelée auparavant «la maladie du tremblement». Dans l’ancienne littérature indienne d’Ayurveda, plusieurs «maladies de tremblement» sont décrites. Kampavata, celle qui se rapproche le plus du Parkinson, est caractérisée par des tremblements occasionnés par Vata. Dans l’Ayurveda, Vata est le dosha qui représente les éléments de l’air et l’éther – est liée à la circulation et la respiration, les fonctions motrices et sensorielles, l’influx nerveux et les besoins naturels1.

Il y a plus de 6,000 ans, le traitement pour Kampavata se basait sur l’utilisation de Mucuna Prurians (aussi nommé «le haricot de velours») reconnue récemment pour ses graines riches en L-dopa, précurseur de dopamine3.

La maladie de Parkinson semble aussi apparaître dans plusieurs traités médicaux grecs et romains, y compris les travaux du célèbre médecin grec Claudius Galien (c.199 ap JC. – c.210 ap JC.), qui a travaillé à Rome pendant la période de Marc Aurèle. Dans ses écrits, il consacre une partie aux différents types de tremblements. Le tremblement qui se rapproche le plus des signes de la maladie de Parkinson est appel«Catoche» (signifiant «retenir, saisir ou interrompre»4). Claudius Galien décrit la personne qui souffre de «catoche» comme celle qui a «les yeux sauvages et grands ouverts», couchée dans son lit, rigide, comme faite de bois, tremblante, constipée, et ayant des problèmes psychiatriques5.

Les travaux de recherches ont continué partout en Arabie, dans l’Empire Byzantin et l’Europe Médiévale, du XVIème au XVIIIème siècle. A l’époque, la maladie est appelée «la paralysie» ou «la paralysie tremblante».

John Aubrey6 raconte dans sa biographie sur Thomas Hobbes7, alors en France, que le philosophe anglais souffre de «paralysie tremblante des mains» depuis 1650, et que celle-ci évoluait par étapes. Il ajoute: «Il n’a plus pu écrire lisiblement depuis 1665 ou 1666. J’ai pu l’observer dans certaines des lettres qu’il m’a écrites.»8

Bien que cette pathologie existe depuis de nombreux millénaires, ce n’est qu’en 1817 qu’un médecin anglais, James Parkinson, décrit la maladie pour la première fois. Il décrit quatre signes principaux dans son «étude sur la Paralysie Tremblante» (Essay on the Shaking Palsy): le tremblement au repos, la rigidité, la lenteur de mouvement et l’instabilité posturale.

EN 1817, LE MÉDECIN ANGLAIS, JAMES PARKINSON, DÉCRIT LA MALADIE POUR LA PREMIÈRE FOIS. IL DÉCRIT QUATRE SIGNES PRINCIPAUX DANS SON «ÉTUDE SUR LA PARALYSIE TREMBLANTE» (ESSAY ON THE SHAKING PALSY): LE TREMBLEMENT AU REPOS, LA RIGIDITÉ, LA LENTEUR DE MOUVEMENT ET L’INSTABILITÉ POSTURALE.

Récemment un texte médical hongrois, oublié depuis longtemps et écrit par Ferenc Papai Pariz a été découvert. Celui-ci décrit les quatre signes cardinaux de la Maladie de Parkinson. Ce texte date de 1690, plus de cent-vingt ans avant la description classique de James Parkinson, déclare Da?niel Bereczki dans son article9.

Comme Bereczki l’indique, «le livre de Papai a été publié en Hongrie, c’est pourquoi il n’était compris que de peu de personnes et que sa description a été ignorée dans la littérature médicale.»10

James Parkinson, pour sa part, n’a jamais su que la maladie portait son propre nom. En effet dans sa célèbre étude, il dit que, «parmi les diagnostics incorrects, la confusion et l’emploi vague du terme de la paralysie tremblante par les auteurs médicaux», «c’est Galien qui a marqué son caractère particulier par un terme approprié [catoche]»11

Bien qu’il puisse ne pas être le premier à décrire la maladie en détail, les résultats de James Parkinson, basé sur l’étude de cas de six patients, a néanmoins contribué «au développement de revues médicales sur les troubles neurologiques»12. Grâce à la façon dont il a organisé son matériel et son insistance sur «une description clinique précise et sur une histoire naturelle dans l’établissement de son diagnostic.»12

Parkinson a aussi souligné l’importance de nouvelles recherches pour une maladie qui, selon lui, «n’avait pas, jusqu’à maintenant, été remarquée» et «échappé à l’avis particulier»13. Il a voulu établir une classification officielle pour la «paralysie tremblante» ou «la paralysie agitante» afin de les «distinger des autres maladies avec lesquelles la maladie peut être confondue»14.

Il espérait aussi que ses recherches et ses essais «attireront l’attention de ceux qui ont les moyens les plus appropriés de soulager les ennuis de la plupart des maladies d’affliction.»14

C’est Jean-Martin Charcot, célèbre neurologue français, qui demanda de nommer la «Maladie de Parkinson» en 1877.

Références

1 http://www.holisticonline.com/ayurveda/ayv-basis-dosha.htm#Vata
2 James Parkinson (1755 – 1824). http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Politics_of_England retrieved 3 April 2011.
3 http://www.ayurvedacollege.com/articles/drhalpern/clinical/Parkinson
4 Parr, Bartholemew. The London Medical Dictionary. Mitchell, Ames, And White William Brown. England: 1819.
5 Bendick, Jeanne. Galen and the Gateway to Medicine (Living History Library). Bethlehem Books. USA: 2002.
6 1626 – 1697. An English writer and antiquary.
7 1588 – 1679. Author of ‘Leviathan’.
8 Aubrey, John. “Brief Lives”, chiefly of Contemporaries, set down by John Aubrey between the years 1669 and 1696; edited from the author’s mss. by Andrew Clark. Clarendon Press, Oxford. England: 1898, pg.352. In this article the original spellings have been changed to the modern version, e.g. handes to hands, haz to has.
9 Bereczki, Daniel. The description of all four cardinal signs of Parkinson’s disease in a Hungarian medical text published in 1690. Parkinsonism & Related Disorders, Volume 16, Issue 4. Elsevier, Canada: May 2010. pg.290 – pg.293.
10 Ibid. pg.290.
11 Parkinson, James. An Essay on the Shaking Palsy. Sherwood, Neely, and Jones. London, England: 1817.
12 Kempster, P.A, Hurwitz, B, Lees, A.J. A new look at James Parkinson’s Essay on the Shaking Palsy. Neurology, Volume69, Issue 5. Lippincott Williams and Wilkins, USA: 2007. pg.482.
13 Parkinson, James. An Essay on the Shaking Palsy. Sherwood, Neely, and Jones. London, England. 1817. Preface.
14 Ibid. pg.27.

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